Dix ardoisières françaises à connaître

Savez-vous que près de 200 000 tonnes d’ardoises sont posées encore chaque année sur les toitures françaises ? L’ardoise est un matériau de couverture très prisée pour les maisons individuelles et les monuments historiques.
Les ardoisières françaises, autrefois nombreuses, ont fermé de nombreux sites d’exploitation. L’importation d’Espagne, notamment, s’avère incontournable pour subvenir à la demande.
Quelles sont les principales ardoisières françaises ? Petit tour de France des sites géologiques de schiste.

Les ardoisières du centre de la France

Si vous voyagez en pays de Corrèze, vous constaterez que l’ardoise est un matériau de couverture de toiture très répandue depuis le XVIe siècle. Les deux ardoisières de Travassac et Allassac ont repris leur activité d’extraction d’ardoises en 1997 et 2006.
Le site d’exploitation des Pans de Travassac est ouvert à la visite pour une découverte exceptionnelle des carrières de schiste.

L’ardoisière de Travassac

Unique en France, la carrière d’ardoise de Travassac est un site de falaises de schiste à ciel ouvert. Les falaises où sont exploités les filons culminent à plus de 60 mètres de hauteur.
Parmi les 7 filons, seul le filon de « La Fayotte » est exploité de nos jours par les ardoisiers. Les ouvriers produisent avec une tonne de pierre près de 200 kilos d’ardoises d’une qualité remarquable.

La carrière d’Allassac

La renommée et la qualité du schiste d’Allassac lui valent le nom réputé de « Tuile d’Auvergne ». Rouverte en 2006 grâce à l’entreprise Bugeat, la carrière d’ardoise comptait près de 400 ouvriers au début du XXe siècle. L’extraction s’effectue à ciel ouvert.
Si elle est utilisée pour la couverture des toitures de la région, d’autres produits comme des dallages ou des matériaux de construction sont également commercialisés.

Les ardoisières du nord-ouest de la France

Les carrières d’exploitation du nord-ouest de la France restent à ce jour les plus importants sites d’extraction d’ardoises. Jusqu’au XIXe siècle, les principaux puits se situaient en Anjou.
À ce jour tous fermés, citons parmi les principaux sites de production, Angers-Trélazé et Noyant-La-Gravoyère.

La carrière d’ardoise d’Angers-Trélazé

Les ardoisières françaises comptent celles très réputées d’Anjou. Exploitées depuis le XVe siècle, les ardoises extraites de carrières à ciel ouvert et de puits souterrains recouvrent encore aujourd’hui les châteaux de la Loire et Versailles.
À la fin des années 60, plus de 2 000 ouvriers travaillent dans lesardoisières françaises d’Anjou. L’extraction représente alors 60 % de la production de France.
L’exploitation cesse en 2014. Mais, le patrimoine ardoisier d’Angers-Trélazé reste encore très visible.

Les ardoisières de Noyant-La-Gravoyère

Près d’Angers, l’ardoisière de Misengrain date du XVIIe siècle. Elle connait son apogée en 1830 avec la création d’une société d’exploitation. L’extraction des ardoises a cessé depuis 1986. Mais le site de la Gatelière, « la Mine bleue », et son musée ouvrent leurs portes au public en 1991.
Le tourisme permet de préserver ce patrimoine ardoisier de l’Anjou. Un puits d’environ 130 mètres de profondeur se visite ainsi que des appareillages et outillages restés intacts.

L’ardoisière de Renazé en Mayenne

Depuis le XVIe siècle, le domaine des ardoisières de Renazé vit des années intensives d’exploitations de schiste en France. D’abord à ciel ouvert, des puits sont ensuite exploités pour l’extraction des ardoises en Mayenne.
La société des ardoisières de l’Anjou emploie environ 600 ouvriers dans les années 1900. La production atteint près de 100 millions d’ardoises par an.
Depuis 1976, l’extraction des ardoises a définitivement cessé. Le musée de Renazé retrace le travail difficile des ardoisiers et autorise la visite de la salle des machines et d’un puits.

Les ardoisières du nord de la France

Les ardoisières françaises des Ardennes sont des carrières de schiste ardoisier où la production n’avait rien à envier à celle de l’Anjou. Le massif de schiste de la région est aussi le plus ancien de notre pays avec celui de l’Armorique.
L’exploitation du sous-sol des Ardennes a permis d’extraire différents types d’ardoises dont l’ardoise bleue et l’ardoise grenue.

Les ardoisières du pays de Rimogne

L’extraction de l’ardoise de Rimogne date du XVIIe siècle. Comme souvent à cette époque, l’ardoise recouvre les toits des bâtiments religieux.
Jusqu’en 1971, de nombreux puits ou fosses alimentent la production de 30 millions d’ardoises dans les années 1930. Les ardoisières françaises des Ardennes à Rimogne emploient alors pas moins de 600 ardoisiers.

Les carrières d’ardoise de Fumay

Fumay porte le nom de « la cité de l’ardoise ». L’ardoise fait la richesse de la ville au XIXe. De nombreuses ardoisières témoignent de ce passé, comme Saint-Gilbert ou Renaissance.
L’extraction, au contraire de l’Anjou, se passe au coeur des mines et des puits, jusqu’à 200 mètres de profondeur pour certains puits.
Des ardoisières, les ouvriers, au nombre de 1100 dans les années 1900, extraient près de 50 000 tonnes d’ardoises. Les rues, les murs et les toits de Fumay portent toujours fièrement ces ardoises.

Les ardoisières françaises des Pyrénées et du pays de Savoie Mont-Blanc

Les montagnes de France possèdent encore aujourd’hui quelques sites de production de schiste en activité. Parmi ces ardoisières françaises, citons le domaine des 7 pieds à Morzine en Savoie et Labassère et Le Neez dans les Hautes-Pyrénées.
Les ardoisiers qui perpétuent un savoir-faire ancestral ont développé de nouvelles méthodes d’extraction et de travail.

L’ardoisière des 7 pieds de Morzine

D’abord exploitée à flanc de montagne puis en galeries souterraines, l’exploitation de l’ardoise de Morzine, en Savoie, date du Xe siècle. La couverture de l’église de Morzine est le premier édifice recensé avec une couverture d’ardoises.
Dans les années 1830, près de 70 sites d’extraction existent et emploient 250 ouvriers. Aujourd’hui, seulement 4 ardoisières sont en activité, utilisant la découpe des blocs de schiste et non plus les explosifs comme méthode d’extraction.

Les ardoisières des Pyrénées

Encore en activité, les ardoisiers de la terre des Hautes-Pyrénées extraient du schiste gris à Labassère (Labasse signifie ardoise en Gascon) et du schiste orangé à Le Neez. L’ardoise de Labassère recouvre notamment les toits de la cité historique de Carcassonne en Occitanie.

Les paysages des régions de France portent les traces de notre passé ardoisier. Les vestiges des ardoisières françaises relatent l’importance de l’ardoise au XIXe siècle et début du XXe siècle dans notre pays. Ils nous rappellent aussi le dur labeur des ardoisiers qui, souvent au péril de leur vie, ont extrait leschiste des carrières.
Organisez un séjour en terre de Corrèze ou en Anjou. Visitez en famille le site remarquable des pans de Travassac ou encore le musée de Trélazé. La « reine grise » des toits de France vous y délivre tous ses secrets.

La toiture vue par les professionnels